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Pourquoi les taux vont continuer à monter

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Hier soir, j’ai eu de la chance.

J’ai passé 2 heures avec un ancien économiste de la BCE.

Je sais : il y a sans doute plus fun, comme soirée… 

Et la perspective de passer deux heures avec un économiste ne fait pas rêver tout le monde.

Mais je vous assure que c’était un bon moment. 

Nous avons confronté nos thèses, pas toujours d’accord sur tout… 

Mais il y a un point essentiel où nous avons le même avis : les banques centrales du monde entier (ou presque) vont continuer à monter les taux. 

Et ça n’est pas près de se calmer. 

Même remède pour tout le monde

Je ne veux pas vous bassiner avec 50 concepts économiques…

Mais juste vous donner UN élément qui peut vous éclairer sur la situation. 

Je vous explique d’abord la maladie, ensuite le remède… et pourquoi il va falloir monter les doses du remède en question.

Depuis plusieurs mois, on voit l’inflation exploser partout dans le monde, surtout chez nous. Et elle semble échapper à tout contrôle. 

En zone euro, on est déjà à + 9,1 % (une inflation contrôlée, c’est moins de 2 % environ), et de nombreuses projections nous placent déjà à plus de 10 % d’ici la fin d’année. 

Certains rapports évoquent même 12 ou 13 %… 

Or, on en a assez parlé, vous savez que c’est une catastrophe pour votre épargne, en plus d’empoisonner l’économie en général. 

Nous sommes au clair sur la maladie. 

Maintenant parlons du remède, monter les taux. 

Pour rappel (très vite), monter les taux décourage l’emprunt et encourage l’épargne, ce qui tend à ralentir l’économie (baisse de la consommation) et à réduire l’inflation.

En Europe, les taux de la BCE sont désormais de 0,75 %et il y a encore 3 mois, nous étions toujours sur des taux négatifs, de l’ordre de – 0,5 % !

Aux USA, la FED n’a pas connu le même retard à l’allumage et les taux sont déjà compris entre 3 % et 3,25 %. 

La Banque d’Angleterre est à 2,25 %, la Banque centrale suédoise à 1,75 %… 

Tout le monde va dans le même sens et monte ses taux. 

Si vous vous demandez pourquoi l’Europe, qui est plus touchée par l’inflation que (entre autres) les USA, ne grimpe pas davantage ses taux, il y a deux choses à retenir.

– Monter les taux pose un risque d’échappement de la dette des États plus fragiles comme l’Italie… et si l’Italie fait faillite, la zone euro risque de couler.
C’est dû (entre autres) au fameux spread des taux : si la BCE monte les taux pour tout le monde de la même façon, c’est sur les marchés où se financent les États que ces hausses se répercutent de façon asymétrique sur le taux auxquels ils empruntent : l’écart se creuse entre les États dignes de confiance comme l’Allemagne et les États qui font douter comme l’Italie.

L’inflation européenne est largement importée, notamment depuis la guerre en Ukraine et les sanctions. Or la hausse des taux n’est pas un remède efficace contre une inflation qui prend sa source à l’extérieur de la zone monétaire…

Cela étant, les causes de l’inflation sont diverses, donc monter les taux n’a pas « aucun effet » : notre inflation à 9 %, on la doit aussi au « quoi qu’il en coûte », aux plans de relance avec création monétaire massive… et les taux sont encore très bas par rapport aux mesures prises dans le passé

On peut donc imaginer, et Christine Lagarde ne s’en cache pas, que les taux sont loin d’avoir atteint leur pic… 

Notamment car pour l’instant, le mal croît bien plus vite que le remède.

C’est le point-clé de cette lettre, qui explique pourquoi les taux vont encore monter. 

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Notre problème : l’inflation grimpe plus vite que les taux

Quand on parle de hausse des taux, on parle d’un taux dit « nominal » : ce que décide la BCE.

Mais ce qui nous intéresse, c’est le taux d’intérêt réel. 

Et le taux réel se calcule ainsi : taux nominal – inflation. 

Or, faisons le calcul en Europe… 

0,75 % (taux nominal) – 9,1% (inflation) = – 8,35 %.

Nous avons quitté les taux d’intérêts nominaux négatifs, disais-je plus haut… mais le taux réel, qui tient compte de l’inflation, est négatif, et même de plus en plus négatif car l’inflation croît plus vite qu’on ne monte les taux !

Attention : cela ne veut pas dire qu’il faut mettre les taux d’intérêt à un % supérieur à celui de l’inflation. 

On ne peut pas mettre les taux d’intérêt à 9,1 %, sinon tout va s’écrouler… Voyez la crainte que suscite la dette italienne avec un taux à 0,75 %…

Mais comprenez bien ce qui se joue ici.

Avec des taux d’intérêt négatifs, un investisseur qui veut mettre son épargne dans des obligations européennes accepte donc de perdre de l’argent… car le taux auquel son argent va travailler ne compense pas le taux auquel l’inflation diminue ce qu’il peut acheter avec cet argent… 

Une contrepartie du taux négatif pourrait être de se dire que ces placements sont sécurisés : on perd 8,35 %, mais pas plus. Et on refinance la dette européenne.

Mais la vérité, c’est que les dettes en Europe font craindre des défauts de paiement, en plus d’afficher ce taux réel scandaleusement négatif. 

Et puis, sincèrement… qui est prêt à perdre 8 % par an ?

À titre de comparaison, le taux réel suisse est sous les 3 %, avec une inflation à 3,4 % (la plus basse d’Europe) et des taux à + 0,5 %. 

Vous préférez perdre 8,35 % par an sur la dette européenne explosive, ou 2,9 % sur la dette suisse (qui est sous les 18 % du PIB) ? 

Vous avez compris.

Alors, qu’est-ce qui va se passer ? 

Comme je le disais, on ne montera pas les taux jusqu’à ce qu’ils soient au niveau de l’inflation. 

D’ailleurs, ça n’est pas nécessaire… car comme on l’a vu, l’inflation européenne est haute notamment car elle est importée. Ce sont les prix de l’énergie qui la font exploser.

Donc la hausse des taux, entre guillemets, doit être proportionnelle à la part de l’inflation sur laquelle elle peut avoir une prise réelle… 

D’autant qu’on ne souhaite pas non plus trop ralentir l’activité économique : nous sommes déjà en récession ! (mais tout le monde fait semblant de ne pas le voir).

Pour vous donner un ordre de grandeur, entre 2000 et 2012, on a eu des taux d’inflation jusqu’à 4 – 5 %… soit moitié moins qu’aujourd’hui.

Et les taux d’intérêt, eux, sont montés jusqu’à 4 %.

L’économiste de la BCE avec qui je parlais hier pense que les taux d’intérêt en zone euro sont destinés à monter de 250 à 400 points de base. C’est-à-dire passer de 0,75 % à 3,25 % – 4,5 %. 

Vous voyez déjà la violence avec laquelle la hausse des taux est accueillie par les marchés et ralentit l’activité… Ça vous donne une idée de la suite (toutes choses égales par ailleurs).

Vous comprenez aussi pourquoi il est impensable de laisser votre argent fondre à la banque…

Mais vous ne savez sans doute pas où investir vu que la hausse des taux, sans régler le problème de l’inflation avant longtemps, fait tanguer les marchés dès maintenant. 

Qui est Marc Schneider ?

Marc Schneider est le fondateur d’Argo Éditions, une entreprise d’édition financière et de recherche en investissement. Sa newsletter gratuite réunit chaque semaine plus de 60 000 lecteurs. 

Ancien Risk Manager, Marc aide ses lecteurs à comprendre les rouages de l’investissement en bourse et en cryptomonnaies pour prendre en main leur avenir financier. 

Sa newsletter traite de sujets variés : nouvelles technologies, cryptomonnaies, psychologie de l’investissement ou encore géopolitique… avec un dénominateur commun : comprendre le monde qui nous entoure pour mieux gérer ses finances

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Vincent
Vincent
2 mois il y a

Ce n’est pas très objectif de diffuser un article de quelqu’un qui vit de ses conseils financiers. L’ex économiste de la BCE devient un économiste de la BCE au fil du texte. La démonstration sur le taux d’intérêt réel en Suisse n’est valable que si vous pouvez aller vous installer en Suisse, pour bénéficier du faible niveau d’inflation. Ce qui n’est pas à la portée de tout le monde

Genevieve
1 mois il y a
Répondre à  Vincent

Je pense pareillement !
De plus, s’il conseille les cryptomonnaies, il m’est encore plus suspect : Davos pourrait ainsi nous diriger plus aisément encore ET ÇA, C’EST « NIET !!! »

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