Le démantèlement de l’individu moderne ne commence pas par une révolution bruyante, mais par une offensive invisible sur nos corps et nos esprits.
Dans son ouvrage, Baptiste Detombe s’appuie sur des indicateurs cliniques alarmants pour dessiner ce qu’il qualifie de « mutation anthropologique régressive ».
Sur le plan physiologique, le constat est sans appel : aux États-Unis, 75 % des jeunes sont désormais inaptes à l’engagement militaire.
La France n’est pas épargnée : en quarante ans, les enfants ont perdu 25 % de leur capacité cardiovasculaire, une dégradation directement liée à une sédentarité précoce alimentée par l’omniprésence des écrans.
Mais le démantèlement est aussi psychique.
Le bien-être mental s’effondre : un quart des lycéens français déclarent avoir eu des pensées suicidaires, tandis qu’une proportion identique souffre d’une solitude structurelle.
Notre environnement social enferme désormais l’individu dans une mise en concurrence narcissique où l’imaginaire collectif lui rappelle sans cesse sa propre médiocrité.
Du système technicien au totalitarisme de la multitude
Au-delà du constat de santé publique, Detombe met en lumière un mécanisme économique pervers : la technique crée désormais les problèmes dont elle vendra, plus tard, la solution marchande.
C’est une boucle infinie de profit sur la souffrance humaine, sociale ou amoureuse.
Cette aliénation est renforcée par ce que le philosophe Eric Sadin appelle le « totalitarisme de la multitude ».
Contrairement aux dictatures du passé, le contrôle n’est plus seulement vertical (l’État), mais horizontal et participatif : nous sommes tous les acteurs de la surveillance sociale de masse, contrôlant les comportements et les paroles de nos pairs.
En naviguant sur internet pendant chaque « temps mort » (70 % des individus en 2022), nous perdons la capacité d’être seuls avec nous-mêmes, condition pourtant essentielle à la pensée critique.
Pour en savoir plus, téléchargez notre fiche récapitulative de « L’homme démantelé » de Baptiste Detombe.




