Il aura fallu attendre un siècle de réglementation pour voir ça !
Une dérogation inédite vient d’être mise en place concernant la production de champagne : certaines cuvées pourront désormais titrer jusqu’à 15 % d’alcool, contre 13 % maximum habituellement.
En cause : des vendanges 2026 hors normes.
Le rendement agronomique s’est effondré à environ 7 000 kg par hectare, contre 9 900 kg en 2025, conséquence directe d’un gel de printemps d’une intensité historique, d’une floraison très précoce et de cinq épisodes de canicule durant l’été.
Résultat : des raisins exceptionnellement concentrés en sucre, et une récolte démarrée dès le 6 août, avec une généralisation dès le 17, soit deux semaines plus tôt que d’habitude : du jamais-vu !
Un précédent article Juste Milieu du 1er mai 2026, racontait déjà une récolte 2025 catastrophique pour l’ensemble du vignoble français, signe que la filière viticole encaisse ces dérèglements climatiques années après années.
Une adaptation qui pourrait devenir la norme ?
D’après Europe 1, qui cite Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons et coprésident du Comité Champagne, cette dérogation ne concerne qu’une poignée de vignerons dont les raisins affichaient déjà un degré élevé, y compris après une éventuelle chaptalisation.
Le Comité Champagne lui-même reconnaît que ce phénomène exceptionnel pourrait devenir la norme à mesure que le réchauffement climatique s’installe, poussant la filière à revoir ses habitudes.
Cette capacité d’adaptation, forcée par l’urgence climatique, se retrouve aussi à une tout autre échelle : le 28 novembre 2025, nous évoquions déjà le recours des États à des mesures inédites, comme la géo-ingénierie, face au même dérèglement.
De quoi transformer, malgré elle, la coupe de champagne de fin d’année en petit indicateur du climat français.
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