Pour un propagandiste russe, toute publicité de ses « ingérences » est bonne à prendre…
… même celle qui vise à le dénoncer !
Voilà le paradoxe que documente une enquête récente, et que les médias français semblent largement ignorer.
D’après des documents internes de la Social Design Agency russe, les décompte d’impact établis par ces officines comptabilisent de la même manière un article de presse français reprenant l’un de leurs faux contenus, et un article dénonçant ce même faux.
Autrement dit : que la presse française relaie ou dénonce une fausse information, le résultat est identique pour les officines russes.
Chaque article, chaque plateau télé, chaque communiqué officiel qui consacre du temps à une opération de désinformation russe, même pour la dénoncer, contribue statistiquement à son succès aux yeux de ses auteurs.
Un impact quasi nul, sciemment amplifié
Le constat est pourtant clair sur l’ampleur réelle de ces opérations.
Storm-1516 et Matriochka sont des officines russes qui agacent les services français et européens parce qu’elles demeurent très actives, mais leur impact sur le débat public reste à peu près nul.
Leurs faux sites et comptes n’ont jamais suscité de réel trafic.
Aucune des rumeurs qu’elles lancent chaque jour n’a eu un impact mesurable sur l’opinion.
Pourtant, tous les médias français en parlent en boucle !
Le paradoxe le plus troublant reste celui-ci : une fois une opération détectée, le SGDSN recommande aux personnalités visées de ne pas communiquer publiquement sur ces contenus, précisément pour ne pas leur donner davantage de visibilité.
Cette consigne officielle est systématiquement ignorée par les candidats concernés, qui préfèrent la dénonciation publique, la plainte pénale et la conférence de presse.
La lutte contre la désinformation devient elle-même un outil de communication politique, au mépris même des recommandations des services chargés de la contrer.
Cette affaire vous semble confuse ? C’est normal.
Nous avons mené une enquête complète sur les ingérences russes réelles et supposées depuis 2017.
Notre fiche complète est téléchargeable gratuitement ici :




