Viginum, un service de l’État qui décide seul de ce qui relève de l’ingérence étrangère.
Sans autorité de contrôle indépendante.
Sans contradictoire systématique avant diffusion de ses accusations.
Viginum a été créé par décision d’Emmanuel Macron en Conseil de défense et de sécurité nationale le 12 janvier 2021.
Il est rattaché au Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN), lui-même sous l’autorité directe du Premier ministre.
Sa mission officielle, selon un rapport du SGDSN de 2022, est de « protéger le débat numérique contre les campagnes de manipulation de l’information impliquant des acteurs étrangers et visant à nuire à la France et à ses intérêts fondamentaux ».
Ce que Viginum peut faire, et ce qu’il ne peut pas
Point important, souvent passé sous silence : Viginum ne censure ni ne retire aucun contenu lui-même.
Son mandat se limite à la détection et à la caractérisation des opérations de désinformation.
Mais son influence réelle passe par un autre canal : la reprise médiatique quasi-systématique de ses communiqués, souvent sans contradictoire préalable à la diffusion.
Quand Viginum attribue une campagne à un réseau russe « avec une confiance élevée », cette formule prudente devient dans la presse une certitude absolue.
Le problème structurel est double.
D’un côté, il n’existe aucune autorité de contrôle externe équivalente à la CNIL pour les données personnelles ou à l’Arcom pour l’audiovisuel : la gestion de Viginum reste directement dans les mains du pouvoir exécutif.
De l’autre, le risque que ce service devienne, de fait, un arbitre officieux de ce qui est vrai ou faux dans le débat public est réel, même si son mandat officiel l’exclut.
Le cas Attal : quatre comptes X pour déclencher une affaire d’État
Dans l’affaire visant Gabriel Attal, l’opération attribuée au réseau Matriochka repose, d’après un reportage de BFMTV diffusé le 6 août 2026, sur seulement une poignée de comptes X.
Quatre comptes, quelques milliers de vues, et pourtant une plainte pénale déposée, des communiqués officiels, une couverture nationale.
La disproportion entre les moyens de l’attaque supposée et l’ampleur de la réponse institutionnelle mérite d’être interrogée pour ce qu’elle est : un choix politique, pas une nécessité technique.
Cette affaire vous semble confuse ? C’est normal. Nous avons mené une enquête complète sur les ingérences russes réelles et supposées depuis 2017. Notre fiche complète est téléchargeable gratuitement ici :




