Une crise diplomatique inédite entre la France et les USA ?
Petit rappel des faits : la France a décidé d’interdire à Kushner l’accès direct aux membres du gouvernement français après qu’il a ignoré une convocation du ministère des Affaires étrangères.
La raison de cette convocation ? Les commentaires de l’administration américaine sur la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon, perçus comme une ingérence dans les affaires intérieures françaises.
Le Quai d’Orsay a immédiatement convoqué l’ambassadeur américain pour s’expliquer sur la republication, par l’ambassade américaine, de propos du Département d’État évoquant la menace de « l’extrémisme violent de gauche » et attirant l’attention sur ce drame, ce que Paris a jugé inacceptable.
Petit problème : Kushner ne s’est pas présenté, envoyant un chargé d’affaires à sa place, avant de retenir ensuite qu’il était « retenu par d’autres engagements ».
Une humiliation diplomatique pour la France !
Charles Kushner : un passé judiciaire et une nomination controversée
Ce comportement est d’autant plus notable qu’il émane d’un ambassadeur non professionnel de la diplomatie.
Parce qu’il faut parler du bonhomme : Charles Kushner est avant tout un milliardaire magnat de l’immobilier et (surtout) un proche de la famille Donald Trump : il est le père de Jared Kushner, mari d’Ivanka Trump et conseiller influent de Trump sur les questions liées à Israël et l’Ukraine. La fortune familiale est estimée en 2024 à « 7,1 milliards de dollars« .
Le parcours de Charles Kushner est loin d’être ordinaire : il est d’abord condamné en 2004 à une amende de près de 510 000 dollars pour des contributions illégales aux campagnes politiques démocrates.
Ensuite, en 2005, il a été condamné aux États-Unis pour « contributions illégales à des campagnes électorales, fraude fiscale et entrave à la justice », pour lesquels il a purgé une peine de prison fédérale. Il plaide alors coupable pour 18 chefs d’accusation, rien que ça…
En 2020, quelques semaines après son arrivée au pouvoir, Donald Trump le gracie pour les malversations fiscales pour lesquelles Charles Kushner avait été condamné.
Sa nomination comme ambassadeur à Paris en 2025 avait déjà suscité des réactions, notamment en raison de son absence d’expérience diplomatique, de son passé judiciaire et de sa proximité familiale avec l’administration américaine.
La France et les États-Unis ont tenté d’apaiser la situation : Kushner a appelé le ministre Jean-Noël Barrot pour affirmer qu’il n’avait pas l’intention d’interférer dans le débat public français et qu’il souhaitait maintenir de bonnes relations bilatérales.
Mais l’incident souligne surtout la réalité des relations entre les USA et la France…
… on ne convoque pas le patron lorsqu’il est chez lui !



