Bon, j’imagine que vous aussi, vous en avez ras la soupière des histoires d’ingérences russes.
Glucksmann, Attal, Philippe…
… les 2Be3 du charisme en bois seraient victimes d’ingérences russes, à quelques mois de la présidentielle (quel heureux hasard) !
Ma première réaction ?
La ficelle est beaucoup trop grosse : “comme par hasard”, les ingérences ciblent 3 candidats que le système veut nous imposer pour 2027.
Trois candidats. Trois affaires. Un écho médiatique excessif.
Des annonces relayées immédiatement par tous les grands médias, sans que la moindre preuve ne soit avancée publiquement.
Et pourtant…
Les chaînes d’info ont tourné en boucle. Les politiques se sont indignés. Les éditorialistes ont commenté.
Et sur les réseaux, les gens ont partagé et relayé.
Comme si la question « mais où sont les preuves ? » n’avait plus aucune importance.
Vous savez comment s’appelle ce que nous sommes en train de vivre ?
Le totalitarisme (oui, oui, vous allez voir).
Tout a été décrit en 1951
Je me suis rappelé d’une phrase cruciale, parfaite pour résumer l’ambiance actuelle.

Cette phrase est signée Hannah Arendt.
Philosophe allemande réfugiée aux États-Unis, elle publie notamment Les Origines du totalitarisme en 1951.
Et ce qu’elle décrit est vertigineux…
Le but du totalitarisme n’est pas d’inculquer des convictions.
C’est de détruire la distinction entre le vrai et le faux, entre les faits et la fiction.
Le sujet idéal du régime totalitaire n’est pas le militant convaincu.
C’est l’individu pour qui la différence entre la réalité et l’arbitraire n’existe plus.
Quand vous regardez l’actualité des dernières semaines…
… cette phrase prend tout son sens !
“Mais Rémy, tu exagères : le totalitarisme ce sont les camps, les dictateurs, les militaires partout dans les rues, etc.”
Pour bien comprendre ce que dénonce Hannah Arendt, il faut accepter l’idée que le totalitarisme n’existe pas que sur les photos en noir et blanc.
Cela reviendrait à imaginer que les dictateurs se sont arrêtés avec l’empire romain.
Ces dernières décennies, le totalitarisme a évolué, muté, changé en profondeur…
… sans perdre de vue ses objectifs de domination !
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Comment ça se passe au quotidien ?
Arendt décrit un mécanisme totalitaire qui s’installe quand l’information est saturée, contradictoire et instrumentalisée en permanence.
Regardez comment ça se passe concrètement.
❌ Les chiffres économiques officiels que plus personne ne comprend (inflation, croissance, pouvoir d’achat).
Chaque camp produit les siens. Chaque « expert » contredit le précédent. Tous les points de repère concrets sont détruits.
❌ Les débats scientifiques, du Covid au climat.
Le but n’est plus de convaincre avec des arguments scientifiques. C’est de faire en sorte que plus personne ne sache à qui faire confiance.
❌ Les affaires d’ingérence étrangères : peut-être vraies, peut-être instrumentalisées, peut-être les deux à la fois.
Mais la diffusion médiatique est tellement rapide que toute vérification devient impossible.
Résultat identique dans les trois cas : l’épuisement cognitif.
On ne sait plus. Alors on choisit son camp… ou on abandonne.
Le piège ultime : la symétrie
Arendt décrit le sujet idéal du régime totalitaire.
Ce n’est pas le fanatique. Ce n’est pas l’ignorant.
C’est la personne épuisée qui a renoncé à chercher à distinguer et comprendre.
La personne qui dit : « De toute façon, tout le monde ment » ou encore « On ne saura jamais la vérité« .
Ce n’est pas du cynisme. C’est de la capitulation cognitive.
Et c’est exactement pour ça que nos dirigeants veulent créer un environnement médiatique saturé, contradictoire et anxiogène.
Pour sa part, Arendt ne dit pas que tout est mensonge.
Elle ne dit pas que les ingérences russes n’existent pas. Elle ne dit pas que les faits sont inaccessibles.
Elle dit que la destruction de la frontière vrai/faux est une arme.
Ce qui signifie que la résistance, c’est précisément de maintenir cette frontière (même si ça n’est ni parfait, ni confortable).
« Tout remettre en question » n’est pas une posture critique. C’est exactement ce que le mécanisme cherche à produire.
Le vrai antidote, c’est une exigence de preuve.
Source par source. Une réflexion fait par fait, événement par événement.
C’est lent, c’est frustrant, mais c’est notre solution face au piège du système.
La petite leçon du jour
La prochaine fois qu’une information vous indigne…
… creusez un peu plus avant de la partager et de laisser la colère prendre toute la place.
Réfléchir, douter, creuser : plus que jamais, notre bouée de sauvetage s’appelle “lucidité” !
Et je finis en vous posant une petite question : avez-vous des exemples récents où vous avez senti cette frontière entre le vrai et le faux se brouiller autour de vous ?
Vous pouvez me partager vos réponses en m’écrivant à remy@juste-milieu.fr.
Je vous lis toujours avec un immense plaisir.
Prenez soin de vous… et de votre “lucidité” !
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