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500 parrainages pour devenir Le Parrain ?

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500 parrainage
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Extrait de l’article 500 parrainages pour devenir Le Parrain ? d’Alexandre Langlois paru dans le Juste Mensuel n°5 (Avril 2022)

Aux origines de la Vème République en 1958, les candidats à la présidence étaient élus au suffrage indirect, par un collège de 82 000 grands électeurs, et ce après avoir obtenu le parrainage de 50 parlementaires. Le président de la République était alors élu pour sept ans.

Si l’on se penche davantage sur l’esprit de l’élection présidentielle sous la Vème République, c’est un homme ou une femme face aux Français. Une personne pour incarner la France au-delà des partis politiques et des clivages. C’est cet esprit que Charles de Gaulle, le fondateur de la Vème République, a rappelé lors de son entretien avec Michel Droit le 15 décembre 1965 :

« [La Constitution de 1958] marche grâce à un chef d’État qui n’appartient pas aux partis, qui n’est pas délégué par plusieurs partis, et même à plus forte raison, par tous, qui est là pour le pays, qui a été désigné sans doute, par les événements, mais qui en outre répond à quelque chose qui est en commun à tous les Français par-dessus les partis et qui est leur intérêt commun, leur intérêt national. »

La réforme constitutionnelle de 1962, qui prévoit que l’élection présidentielle soit au suffrage universel direct à partir de 1965, est la poursuite de cette philosophie gaullienne. L’article 3 de la loi n° 62-1292 du 6 novembre 1962 relative à l’élection du président de la République au suffrage universel prévoit aussi que chaque candidat doit être présenté par « au moins cent citoyens membres du Parlement, membres du Conseil économique et social, conseillers généraux ou maires élus ». De plus, « une candidature ne peut être retenue que si, parmi les cent signataires de la présentation, figurent des élus d’au moins dix départements ou territoires d’outre-mer différents ». 

Cette réforme, malgré le fait qu’elle soit incarnée par le dernier homme d’État que la France ait connue, ne change que le mode d’élection, non le mode de sélection. 

En effet, en France, les dirigeants se sont toujours méfiés du peuple, comme l’expose le discours de l’abbé Sieyès , père de la Ière République, le 7 septembre 1789 :

« La France ne doit pas être une démocratie, mais un régime représentatif. Le choix entre ces deux méthodes de faire la loi, n’est pas douteux parmi nous. D’abord, la très grande pluralité de nos concitoyens n’a ni assez d’instruction, ni assez de loisir, pour vouloir s’occuper directement des lois qui doivent gouverner la France ; ils doivent donc se borner à se nommer des représentants. […] Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. »

Multiplication des candidats, la République en danger ?

En 1958, il y avait seulement trois candidats à la première élection au suffrage indirect de la Vème République. Pour la première élection au suffrage universel en 1965, six candidats s’affrontèrent. Sept en 1969, mais catastrophe, en 1974, il y eut douze candidats.

Il fallait réagir, sinon il aurait pu y avoir un candidat qui parvienne à se présenter sans être approuvé par tous les notables de la politique. Pour éviter cela, le nombre de parrainages passait alors à 500 pour les élections de 1981.

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