Prostitution de mineurs : le drame caché de l’ASE

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Nos politiques ouvriront-ils un jour les yeux sur le drame de la prostitution des mineurs ?
Le 24 septembre 2024, Juste Milieu évoquait ce sujet sensible en révélant qu’en France près de 20 000 mineurs se prostitueraient.
Parmi eux, 15 000 seraient issus de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).
Un fléau qui touche de plus en plus de jeunes garçons et de jeunes filles…
… à des âges de plus en plus bas.
Des enfants… de 11 ans !
Dans une enquête publiée le 24 janvier 2024, la rédaction de France Info expliquait qu’on pouvait dénombrer entre 15 000 et 20 000 mineurs prostitués en France.
Un chiffre “en augmentation de plus de 70 % en cinq ans”…
… et qui ne semble pas avoir baissé en 2025.
Un article publié dans l’édition du Journal Du Dimanche du 30 mars 2025 affirme qu’on trouve plus de 20 000 mineurs dans cette situation.
La patronne du parquet des mineurs de Marseille confirme que “la prostitution a toujours existé, mais pas à ce point”.
À ce problème déjà gravissime s’ajoute celui que les victimes de prostitution sont de plus en plus jeunes.
Le JDD évoque des jeunes de 11 ans et relaie le témoignage d’une jeune fille de 14 ans qui “faisait vingt clients à 50 € par jour”.
Nous sommes à la limite de l’innommable…
Et malheureusement, de nombreuses victimes des réseaux de prostitution sont issues de l’Aide sociale à l’enfance.
Un “point récurrent”
Si la prostitution de mineurs ne touche pas seulement les familles les plus précaires et les plus fragiles…
… il faut constater qu’une grande partie des recrutements s’effectue auprès de jeunes issus de l’ASE.
C’est ce qu’explique Isabelle Santiago.
Elle est rapporteure de la commission d’enquête sur la protection de l’enfance et a été interrogée par la rédaction de La Dépêche le 27 mars 2025.
Elle explique qu’il n’y “a aucune étude scientifique sur le sujet”.
Toutefois, elle constate que “dans les foyers, on trouve des jeunes très fragiles, avec des parcours de vie chaotiques […] Ce sont des environnements vulnérables avec des fugues fréquentes, qui attirent les personnes malveillantes”.
Une thèse également appuyée par l’article du Journal Du Dimanche : “Même si des cas émergent dans tous les milieux sociaux, un point récurrent s’ajoute à ces descriptions macabres : les enfants les plus vulnérables se recrutent très souvent… dans les foyers de l’Aide sociale à l’enfance”.
Peut-on espérer un sursaut politique sur le sujet ?
Ça devient aussi important qu’urgent !