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« On ne peut plus rire de tout » : mythe ou réalité derrière l’humour français

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Rire de tout

La phrase revient à toutes les sauces : on ne peut plus rire de tout.

Mais avant de trancher, encore faut-il regarder l’histoire en face.

De Coluche à Desproges, en passant par Le Luron, la censure et les pressions sur l’humour n’ont jamais été un phénomène nouveau.

Coluche lui-même s’est fait censurer sur Europe 1. Alors non, « c’était pas mieux avant » et c’est bien là tout le paradoxe.

Ce qui a changé, en revanche, c’est la nature du risque.

Faire rire aujourd’hui, c’est accepter une prise de risque permanente, dans un contexte où chaque blague peut être décontextualisée, amplifiée, retournée contre son auteur.

Le vrai sujet n’est donc pas la liberté de rire, mais la manière dont cette liberté s’exerce désormais sous contrainte.

Deux explications, pas une posture

D’abord, l’humour est perçu comme une prise de risque en soi, non plus un art, mais un pari dont l’issue est incertaine.

Ensuite, et c’est plus dérangeant à admettre : un manque de talent ou de lucidité chez certains humoristes contribue aussi à alimenter cette impression de recul généralisé.

De Coluche à la nouvelle génération façonnée par les réseaux sociaux et Montreux, l’humour français a toujours su se réinventer.

La vraie question n’est peut-être pas de savoir si on peut encore rire de tout, mais de savoir qui a encore le courage de le faire.

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