S’il y a bien un domaine où l’art du « en même temps » macronien frôle le chef-d’œuvre d’hypocrisie, c’est celui de l’énergie !
En matière d’atome, Emmanuel Macron vient de signer un revirement si spectaculaire qu’il tente aujourd’hui de faire disparaître son propre bilan sous le tapis !
Selon une analyse publiée par L’Opinion ce 27 mai 2026, Emmanuel Macron mène une opération vérité très sélective pour « faire oublier » sa gestion passée du parc nucléaire français.
Après avoir passé son premier mandat à démanteler nos outils de souveraineté énergétique, le voilà qui se grime en sauveur de la filière, espérant que les Français souffrent d’amnésie collective.
De Fessenheim à Belfort : la grande marche arrière
L’article de L’Opinion rappelle avec cruauté les faits historiques.
En novembre 2018, à Paris, Emmanuel Macron confirmait en personne la fermeture des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim.
Mieux encore, le Président était allé beaucoup plus loin en annonçant fièrement la fermeture programmée de douze autres réacteurs, avec pour objectif d’abaisser à 50 % la part du nucléaire dans notre mix électrique.
Mais patatras ! Février 2022 arrive, et avec lui le discours de Belfort.
Changement de décor, oubliées les promesses aux écologistes. Devant les ateliers de General Electric, Macron prend un virage à 180 degrés et lance la construction de six nouveaux réacteurs EPR, tout en demandant des études pour huit supplémentaires.
Entre ces deux déclarations contradictoires, « le monde a changé », justifie-t-on à l’Élysée.
La guerre en Ukraine a fait flamber les prix et mis en lumière notre dépendance énergétique.
Pourtant, comme le souligne l’article, ce bilan présidentiel ultra-contrasté est devenu un boulet politique. Désormais, à l’Élysée, « il ne parle plus (…) que d’électrification » pour noyer le poisson et esquiver le mot « nucléaire », qui rappelle un peu trop ses trahisons passées.
L’amateurisme d’un pouvoir hors sol
Ce pilotage à vue de la politique énergétique nationale démontre une nouvelle fois l’amateurisme du pouvoir face aux enjeux stratégiques.
Pendant que l’exécutif navigue à vue entre fausses promesses et calculs électoraux, les réalités industrielles et de terrain sont sacrifiées.
Emmanuel Macron espère aujourd’hui que la relance des EPR effacera des tablettes le sacrifice de Fessenheim et les années de doutes instillés chez les ingénieurs d’EDF.
Mais le temps industriel n’est pas le temps politique, et les raccordements attendus n’arriveront pas avant des décennies !





