Quatre économistes missionnés par Bercy viennent de rendre leur verdict.
Et c’est une bombe à retardement !
À un an de la présidentielle, personne dans le gouvernement ne voulait vraiment que ce rapport sorte.
Le 15 juillet 2026, la mission commandée le 26 mai par le ministère de l’Économie a rendu ses conclusions sur l’état des finances publiques françaises.
Ses auteurs : Jean-Luc Tavernier (ancien directeur général de l’Insee), Xavier Jaravel (président délégué du Conseil d’analyse économique), Xavier Ragot (OFCE) et Natacha Valla (doyenne de l’École du management de Sciences Po).
Leur diagnostic est sans appel : à politique inchangée, le déficit public atteindrait 5,9 % du PIB en 2027 et 6,8 % en 2030, loin des 3 % promis à Bruxelles.
La dette publique, elle, passerait de 118 % du PIB en 2026 à 130,5 % en 2030. Une trajectoire qualifiée d’« explosive » dans l’entourage du ministre des Comptes publics.
Le chiffre le plus vertigineux : les seuls intérêts de la dette, aujourd’hui à 78 milliards d’euros par an, atteindraient 124 milliards d’euros en 2030. C’est-à-dire que la France dépenserait davantage à rembourser ses créanciers qu’à financer l’éducation nationale.
Pour stopper cette spirale, les économistes estiment qu’un effort cumulé de 126 milliards d’euros d’ici 2032 est nécessaire, à engager « impérativement dès 2027 ». Soit environ 25 milliards d’euros d’ajustement par an.
Pendant un quinquennat entier. Sans interruption.
Macron part, la France paie
Ce rapport ne tombe pas du ciel.
Il documente froidement le résultat de huit ans de gestion macroniste : un pouvoir qui a préféré étouffer les contre-pouvoirs plutôt que de réformer les dépenses.
La dette publique française dépasse aujourd’hui les 3 536 milliards d’euros, soit environ 52 000 euros par habitant.
Le déficit 2025 a atteint 5,1 % du PIB, plaçant la France juste derrière la Belgique parmi les mauvais élèves de la zone euro. Le budget 2026, promulgué par 49.3 en février, prévoit 319 milliards de recettes pour 454 milliards de dépenses.
La réponse du ministre de l’Économie Roland Lescure, le 26 juin dernier : exclure toute hausse d’impôts dans le budget 2027, et parier sur la baisse des taux de la BCE pour alléger mécaniquement la facture.
Les économistes recommandent d’actionner « les trois leviers » classiques : réduire les dépenses, augmenter certaines recettes, relever le potentiel de croissance.
Une formule technocratique pour désigner des choix politiques que personne, à droite comme à gauche, n’a le courage d’assumer à un an de 2027.
La Boîte Noire
L’intégrale de nos enquêtes, documentaires et archives — réunie en un seul endroit, à l’abri de la censure.
- Enquêtes interdites & documentaires exclusifs
- Tout en illimité, sans publicité
- Un nouveau contenu chaque semaine
offerts
intégral
7 jours gratuits, puis dès 9,90 €/mois — sans engagement, résiliable en 1 clic.





