En Hongrie, la télévision publique vient de s’excuser d’avoir « menti » pendant seize ans.
Une grande première complètement folle au sein d’un pays membre de l’UE !
Le 7 juillet 2026, à 16 heures, l’écran de M1, principale chaîne d’information publique hongroise, est devenu noir.
En lettres blanches, ce message sans précédent dans l’histoire des médias européens : « Les médias de service public ne peuvent pas mentir. Nous nous excusons d’avoir pourtant fait cela pendant de nombreuses années. Les médias de service public sont en cours de transformation afin de devenir, à l’avenir, indépendants et crédibles. »
Simultanément, la radio publique Kossuth cessait ses bulletins d’information. Le groupe MTVA, qui chapeaute six chaînes de télévision et sept chaînes de radio, annonçait également une suspension temporaire des journaux.
Ce geste spectaculaire est la première grande décision du nouveau Premier ministre Péter Magyar, dont le parti Tisza a mis fin à seize ans de pouvoir de Viktor Orbán aux élections législatives d’avril 2026.
Magyar avait promis de démanteler ce qu’il appelait ouvertement l’« usine à mensonges » des médias publics hongrois.
Un mea culpa forcé qui interroge !
Bientôt au tour de la France ?
Pour comprendre la portée de cet aveu public, il faut rappeler ce qu’Orbán avait construit.
Dès 2010, il avait créé une autorité de régulation des médias, la NMHH, composée de proches du gouvernement, avant de regrouper tous les médias publics au sein de la holding MTVA.
Résultat : M1 menait campagne contre l’UE, contre les journalistes indépendants, contre l’opposition.
Malgré une obligation légale d’équilibre, les voix dissidentes avaient quasiment disparu de l’antenne.
Le classement 2026 de Reporters sans frontières plaçait la Hongrie parmi les plus mauvais élèves de l’UE en matière de liberté de la presse.
Orbán n’a pas inventé la mise au pas des médias publics. Il l’a simplement assumée plus ouvertement que d’autres.
Pour rappel, en France, 483 millions d’euros d’aides à la presse ont été distribués sous Macron, orientées vers les médias qui ne mordent pas la main qui les nourrit.
La méthode est plus discrète. Le résultat, lui, est comparable.
Et pendant que la Hongrie démantèle sa machine à propagande, le Sénat français, lui, propose un observatoire pour « invisibiliser » des voix sur les réseaux sociaux, juste avant la présidentielle de 2027.
On avance dans le bon sens selon l’UE, visiblement…
Viktor Orbán a réagi sur les réseaux sociaux en criant à la « tyrannie » et en appelant ses partisans à se tourner vers la chaîne privée Hir TV, liée à son parti.
Magyar a simplement répondu : « Jour historique. Ils mentaient la nuit, ils mentaient le jour, ils mentaient sur toutes les ondes. C’est terminé. »
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