Cinq ans.
C’est le temps qu’il aura fallu à la France pour ne jamais repasser sous la barre des 5 % de déficit public, très loin des 3 % imposés par les traités européens.
En 2027, la dette publique française devrait atteindre un niveau record de 121,7 % du PIB, contre 109,5 % en 2023, selon les chiffres présentés par Bercy et détaillés par L’Opinion le 22 septembre 2026.
Une trajectoire que même l’annonce d’un effort de 54 milliards d’euros de redressement ne parvient pas à inverser.
L’histoire commence en 2023, avec Bruno Le Maire décrétant la fin de « l’abondance » budgétaire héritée du quinquennat précédent.
Sur les 16 milliards d’économies promises pour 2024, la quasi-totalité se résume à l’extinction de mesures exceptionnelles prises pendant la crise énergétique.
Le déficit finit malgré tout à 5,8 % du PIB en 2024, année marquée par la dissolution de l’Assemblée nationale.
Un Premier ministre, un budget, un échec
Nommé à Matignon fin 2024, Michel Barnier promet 60 milliards d’ajustement. Il tombe, censuré, avant même d’y parvenir.
François Bayrou lui succède, négocie avec le PS, et ne parvient finalement à ramener le déficit qu’à 5,1 % en 2025, porté surtout par une hausse de la fiscalité sur les grandes entreprises.
Chaque locataire de Matignon reprend le même costume, promet la rigueur, et finit par constater le dérapage.
Sébastien Lecornu, désormais aux commandes depuis la chute de François Bayrou début septembre 2026, ne fait pas exception.
Sa cible de 4,7 % de déficit pour 2027 a déjà dû être révisée à la hausse, jusqu’à 5,4 % pour 2026, un dérapage que Bercy qualifie lui-même de « mécanique« , conséquence directe d’un déficit qui demeure structurellement élevé.
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