Depuis fin mai 2026, l’Albanie vit sa plus grande contestation populaire depuis la chute du communisme.
Rassemblées à Tirana puis dans tout le pays, des dizaines de milliers de personnes réclament la démission du Premier ministre Edi Rama.
Au cœur de leur colère : une île.
Sazan, 5,7 km² à l’entrée de la baie de Vlora, verrouille stratégiquement le passage entre Adriatique et Méditerranée depuis l’Antiquité.
Fermée au public pendant près de 80 ans, d’abord base militaire italienne puis soviétique, elle est aujourd’hui promise à un vaste complexe touristique porté par Affinity Partners, le fonds d’investissement de Jared Kushner, gendre de Donald Trump.
Le mouvement de contestation, surnommé « révolution des flamants roses » a explosé après des violences policières fin mai contre des manifestants présents sur le site du projet.
Un fonds proche de Trump, un Premier ministre inflexible
Le projet, chiffré à 4 milliards d’euros par Edi Rama lui-même, avait reçu l’accord préliminaire du gouvernement albanais quelques semaines seulement après la réélection de Donald Trump en novembre 2024.
Jared Kushner a rapidement obtenu un statut d' »investisseur stratégique« , lui permettant de bénéficier de procédures accélérées et du soutien de plusieurs ministères.
Face à la contestation, Edi Rama refuse tout recul : « il n’y a aucune chance que ce projet soit arrêté tant que je serai en fonction« , a-t-il déclaré, avant d’évoquer, sans preuve, de possibles « ingérences étrangères » derrière le mouvement.
Ce recours à l’investissement immobilier pour se rapprocher de l’administration américaine n’a rien d’inédit chez le gendre de Donald Trump.
Une appétence pour les territoires stratégiques que l’on retrouve également ailleurs dans l’administration américaine : nous racontions comment le Groenland attisait, lui aussi, les convoitises de Washington.
Une centaine de manifestants ont déjà été arrêtés depuis le début du mouvement.
Notre enquête vidéo complète revient sur l’ensemble de cette affaire, à voir ici :




