Alors que le Rassemblement national s’est longtemps forgé une image de bouclier social pour séduire les classes populaires…
… son jeune président vient de briser le vernis en alignant la boussole économique du parti sur les standards les plus libéraux de la Macronie !
Selon une enquête de L’Humanité publiée ce 2 juin 2026, Jordan Bardella a définitivement fait tomber le masque sur la question explosive des retraites.
Interrogé à la mi-mai par le média allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung sur un éventuel allongement de l’âge de départ, il a glissé un très laconique : « Nous sommes en train d’examiner la question », actant un reniement idéologique historique.
Vers un rapprochement idéologique entre extrême droite et néo-libéralisme ?
Rien n’est moins sûr !
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Inspiration macroniste et drague du patronat
De toute évidence, la nouvelle lune de miel entre le président du RN et les milieux d’affaires continue.
Jordan Bardella enchaîne les rendez-vous en 2026 avec les chefs d’entreprise et multiplie les gages donnés au grand patronat : baisse de 20 % des impôts de production, réduction de la dette sans mettre à contribution les plus riches, et productivité érigée en dogme.
Sur LCI le 28 mai dernier, il a franchi un cap en plaidant pour la fin de l’âge légal de départ, estimant que cette notion « ne veut rien dire ». Pour lui, il faut uniquement « regarder le nombre d’années cotisées » et « mettre davantage en avant la durée de cotisation ».
Un basculement doctrinal qui le rapproche directement de la ligne d’Édouard Philippe.
Le bras droit de Marine Le Pen, Renaud Labaye, n’a d’ailleurs pas caché son agacement dans le Monde récemment, cinglant que ce projet « ressemble à la retraite à points d’Édouard Philippe que nous dénoncions ».
Pire encore, Bardella a rejoint la ligne de Gabriel Attal en défendant, lors d’une rencontre avec des journalistes, « l’introduction d’une part de capitalisation dans le système de retraites ».
Une trahison sociale qui fait dire au député PCF Yannick Monnet que le RN multiplie les « positions de camouflage pour séduire la classe ouvrière » tout en allant séduire le patronat.
La scission ouverte entre Bardella et Le Pen
Ce virage « probusiness » semble libérer les ambitions de Jordan Bardella et provoquer une fracture interne inédite avec l’aile historique lepéniste.
Marine Le Pen avait pourtant rappelé fermement le 22 mai que, pour elle, le projet de réforme des retraites restait « le même que celui de 2022 », à savoir un âge légal fixé à 62 ans avec 40 à 42 annuités de cotisation.
Cette prise de liberté sème le trouble dans le parti, alors même que la candidature officielle du RN pour la présidentielle reste suspendue à la décision de justice attendue le 7 juillet dans l’affaire des assistants parlementaires.
En coulisses, les cadres s’inquiètent d’une désertion massive des électeurs modestes face à ce programme de casse sociale qui s’aligne sur la politique de l’Élysée.
Certains stratèges du parti suggèrent même un cynisme absolu pour sauver les meubles, confiant sous anonymat qu’il vaut mieux « se faire élire d’abord et trahir ensuite ».
Le décor est planté pour 2027.




