La saison des grèves n’étant pas encore terminée au moment où j’écris ces lignes, l’actualité m’a poussé à changer de sujet… bien qu’il y ait un certain rapport entre mes deux idées ! Aujourd’hui, j’avais envie d’aborder avec vous, chers lecteurs, la lutte entre le libéralisme économique et le communisme.
Nous n’aborderons pas toutes les subtilités se cachant derrière ces deux termes et encore moins la place du travailleur dans l’appareil productif puisque, manifestement, les deux parties prenantes au débat se sont mises d’accord sur le fait que l’ouvrier doit rester le plus proche possible d’un esclave, voire plus bas encore.
Reagan contre Andropov
Dans leur aspect le plus caricatural, le libéralisme se résume à la liberté d’entreprendre et à une présence minimale de l’État tandis que le communisme implique une économie totalement sous contrôle de l’État. La réalité est un peu plus nuancée mais nous allons rester dans ce cadre-là tout au long de l’article.
Si l’on écoute les tenants de chaque bord, chacun considère que son modèle est parfait, qu’il est le plus efficace et que l’autre ne peut mener qu’à la ruine à grands coups d’exemples, de contre-exemples, d’idées préconçues et de mauvaise foi. Tout un ensemble qui, au bout du compte, ne fait que poser des œillères partisanes plutôt qu’un avis construit sur les faits. La logique voudrait que chaque affirmation soit vraie, à un instant T et mutuellement exclusives. De fait, cela signifierait que l’un des deux modèles devrait disparaître totalement au profit de l’autre comme le corporatisme au profit du libéralisme durant le XVIIIe siècle. Pourtant ce n’est pas ce qui est arrivé et ces idées sont encore trop jeunes pour parler de la disparition de l’une ou de l’autre dès qu’un pays change d’orientation même s’il s’agit de l’URSS.
En réalité, ce dont nous parlons, c’est de la place de l’État dans l’économie et de son efficacité, non seulement à la réguler mais surtout à la piloter.
Quelques exemples
Prenons l’exemple de quelques pays au sortir de la Seconde Guerre mondiale comme la France, l’URSS et la Corée du Sud.
Juste après la fin du conflit, l’État français a été très présent dans l’économie grâce à la création du Commissariat général du Plan dirigé par un certain Jean Monnet. La mise en œuvre de ce plan et son exécution tout au long des années qui ont suivi ont servi à soutenir plusieurs secteurs stratégiques pour les reconstruire et les relancer. L’État a également nationalisé certains de ces secteurs stratégiques, contrôlé les prix et investi intelligemment ses fonds acquis par endettement. Ce n’est qu’une fois les besoins basiques de la population assouvis que l’économie s’est libéralisée via le quatrième plan de 1962 tout en maintenant en place un État-stratège permettant d’encaisser les crises des années 70 et de lancer le tout nucléaire via le plan Messmer pour une indépendance de la nation vis-à-vis des importations d’hydrocarbure.
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Ce contenu est extrait du numéro 53 de Juste Mensuel
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