Le système médiatique a ses propres lois, et parfois, elles s’affranchissent de la morale commune pour se draper dans la religion.
Vous avez dit « instrumentalisation éhontée » ?
Vincent Bolloré était auditionné le mardi 24 mars 2026 par la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public.
Interrogé sur le cas de Jean-Marc Morandini, l’industriel breton a une nouvelle fois fait appel à sa foi catholique pour justifier le maintien à l’antenne de son animateur vedette.
Face à la commission d’enquête, le milliardaire breton a invoqué la « miséricorde » envers celui qui a pourtant été condamné pour « corruption de mineurs » et « harcèlement sexuel », comme relayé dans un article de Libération du 25 mars.
Si Vincent Bolloré déclare réprouver « tous les faits délictuels » commis par le présentateur de CNews, il se veut magnanime. « La justice est passée, maintenant la miséricorde doit passer », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il ne ferait « jamais partie de ceux qui hurlent avec les loups ».
Une pirouette sémantique qui permet de transformer une complaisance envers un condamné en une vertu chrétienne, tout en discréditant ceux qui s’indignent de cette impunité médiatique.
Un entre-soi protégé par le paravent de la foi
L’audition a révélé un contraste frappant entre la gravité des faits et la légèreté de l’interrogatoire.
Vincent Bolloré a conclu son intervention par un petit écart, léger mais révélateur de sa vision du pluralisme : « Nos médias disent la vérité… En tout cas, disent des choses différentes des autres ».
Une manière de revendiquer une singularité éditoriale qui semble s’affranchir non seulement des codes journalistiques classiques, mais aussi de l’éthique la plus élémentaire lorsque les intérêts du groupe sont en jeu.
Le système est-il prêt à admettre que la « miséricorde » invoquée n’est qu’un bouclier pour maintenir des audiences et une influence politique…
… ou la morale religieuse est-elle devenue le dernier refuge de l’impunité ?




