Dissonance cognitive : Patrick Bruel, un cas d’école

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Patrick Bruel lors d'une soirée officielle sur tapis rouge
Patrick Bruel lors d'une soirée officielle. Crédits photo : Shutterstock

Une trentaine de plaintes, des dizaines de témoignages, une mise en examen depuis juin 2026…

Le dossier judiciaire visant Patrick Bruel pour viols, tentatives de viol, agressions sexuelles et harcèlement sexuel n’a cessé de s’alourdir depuis l’enquête initiale de Mediapart, publiée le 18 mars 2026.

Et pourtant, une partie du public continue de le soutenir, comme si défendre l’homme revenait à cautionner chacun de ses actes.

Cette question dépasse largement le seul cas Bruel : pourquoi continuons-nous à soutenir des figures publiques visées par des scandales accablants ? La réponse tient en grande partie à un concept vieux de près de 70 ans.

Ce que Festinger avait déjà compris en 1957

Le psychologue américain Leon Festinger théorise, dans A Theory of Cognitive Dissonance (1957), le mécanisme de la dissonance cognitive.

Lorsque deux pensées contradictoires cohabitent dans notre cerveau, la tension psychologique qui en résulte devient vite insupportable.

Pour s’en libérer, notre esprit dispose de trois échappatoires : minimiser l’information gênante, attaquer la source qui la révèle, ou, plus surprenant encore, renforcer notre croyance initiale.

Plus la preuve qu’on a tort est accablante, plus le cerveau s’accroche à sa conviction de départ.

Chez les admirateurs de Patrick Bruel, ce ne sont pas des faits qu’ils défendent, mais des souvenirs et des émotions accumulés depuis des décennies.

Admettre sa culpabilité reviendrait à admettre qu’ils se sont trompés depuis le début sur ce qu’ils ont ressenti.

Une nuance s’impose toutefois entre le fan anonyme, pris dans ce mécanisme purement psychologique, et ceux qui défendent, à travers lui, toute une caste.

Ce biais est loin d’être isolé. Un précédent article de Juste Milieu, publié le 20 décembre 2023, racontait déjà comment l’État lui-même avait dû composer avec un dilemme similaire autour de Gérard Depardieu.

Comprendre ce biais universel, c’est déjà prendre de la hauteur sur nos propres réflexes. Un autre article de Juste Milieu, daté du 1er septembre 2026, montrait comment un biais cognitif voisin, celui de familiarité, profite en permanence aux escrocs.

Cela n’interdit toutefois pas une certaine prudence : lorsque la dissonance cognitive est sciemment fabriquée pour renforcer des clivages, elle finit par faire accepter aux citoyens, aujourd’hui, ce qu’ils n’auraient jamais toléré hier.

Retrouvez notre vidéo complète sur le sujet ci-dessous :

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