C’est une alerte sanitaire silencieuse qui vient de franchir un nouveau palier.
Selon un article du Parisien paru ce 26 mars 2026, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) confirme une « surexposition de la population au cadmium par l’alimentation ».
Ce métal lourd, classé cancérogène, s’immisce dans nos assiettes via une pollution des sols devenue endémique. Matthieu Schuler, directeur général délégué à l’Anses, évoque même une « augmentation obstinée et constante » de l’imprégnation des Français.
Le problème ? Le cadmium est un métal d’une « agressivité incroyable » selon le cardiologue Pierre Souvet, président de l’Association Santé Environnement France (Asef).
Présent dans les engrais phosphatés utilisés par l’agriculture intensive, il remonte dans les plantes puis finit dans notre organisme.
Une fois absorbé, le corps met entre dix et trente ans à l’éliminer. En attendant, il s’attaque aux reins, favorise les maladies cardio-vasculaires et fragilise le squelette.
Le blé et les algues en ligne de mire
L’étude de l’Anses, qui a passé au crible l’ensemble des sources d’exposition, est formelle : l’alimentation représente jusqu’à 98 % de l’imprégnation chez les non-fumeurs.
Parmi les produits les plus chargés, on retrouve paradoxalement des aliments de base et des alternatives jugées « santé ».
- Le blé et ses dérivés : pâtes, pains et céréales du petit-déjeuner sont les premiers contributeurs en raison de la consommation quotidienne.
- Les produits de la mer : crustacés, mollusques et surtout les algues, qui ont une « propension à lier facilement les contaminants ».
- Les végétaux : les pommes de terre et certains légumes-feuilles cultivés sur des sols pollués.
L’Anses recommande désormais de modifier nos habitudes de consommation en limitant les produits à base de blé au profit des légumineuses et en diversifiant les sources de féculents.
Une recommandation qui ressemble fort à un aveu d’impuissance face à une pollution des sols que l’État peine à réguler.




