Médicaments : comment la France perd sa souveraineté dans un secteur-clé ?

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Dans l’univers du médicament français, il y a (quand même) de bonnes nouvelles.

Le groupe pharmaceutique familial Mayoly vient d’annoncer la relocalisation dans l’Hexagone de la production de la colchicine, un médicament essentiel contre la goutte pour 600 000 patients français, jusqu’alors fabriqué en Roumanie.

Mais derrière les discours de souveraineté sanitaire se cache une réalité autrement moins rassurante…

Car cette bonne nouvelle ne masque qu’imparfaitement l’étendue du désastre.

Selon un article de L’Opinion du 24 juin 2026, la fiscalité française reste « bien plus lourde que chez nos voisins européens » : 60 % de prélèvements obligatoires contre 40 % en Allemagne ou 42 % en Italie pour des profils de laboratoires comparables.

Résultat : produire un principe actif en France revient 35 à 40 % plus cher qu’en Inde ou en Chine.

Un écart qui pousse mécaniquement les grands laboratoires à délocaliser, sans grande surprise !

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Le drame silencieux de la souveraineté sanitaire

L’article de L’Opinion pointe une double tenaille.

D’un côté, « le facteur-prix est essentiel pour financer l’innovation et la production », comme le rappelle Pierre-Marie de Berny, fondateur du cabinet d’intelligence économique Veltis.

De l’autre, la politique des petits prix imposée par l’État (800 millions d’euros de baisses en 2022, près d’un milliard de baisses supplémentaires en 2024) décourage l’ancrage industriel sur le territoire.

Un cercle vicieux parfaitement illustré par l’affaire Mayoly : produire la colchicine en France coûte environ deux fois plus cher qu’en Europe de l’Est, et les négociations tarifaires avec les autorités de remboursement restent un obstacle majeur à la viabilité du modèle.

En clair : la France finance l’innovation, et d’autres en récoltent les fruits.

La souveraineté sanitaire ne se décrète pas en conférence de presse : elle se construit par des choix budgétaires cohérents que la Macronie refuse depuis dix ans de trancher.

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