À l’automne 2024, Xavier Niel s’exprimait publiquement sur l’addiction des enfants aux réseaux sociaux.
Sur France Inter, le fondateur de Free expliquait à l’époque qu’« il ne faut pas s’étonner » de cette dépendance et pointait avant tout la responsabilité des parents, invités à mieux encadrer l’usage des écrans par leurs enfants.
Un discours classique chez les grands acteurs du numérique : reconnaître l’existence d’un problème… tout en le déplaçant hors du champ économique.
Les plateformes ne seraient que des outils neutres ; la faute incomberait aux usages individuels, aux familles, à l’éducation.
Une rhétorique bien connue, comparable à celle longtemps utilisée par l’industrie du tabac ou des sodas : vendre un produit potentiellement nocif, puis culpabiliser le consommateur en cas de « dommages collatéraux ».
Mais dans le cas du milliardaire français, l’entourloupe va encore plus loin…
L’investissement stratégique : TikTok USA, un pari très rentable
Problème : au même moment, Xavier Niel investissait dans TikTok.
Selon Le Figaro dans un article du 23 janvier 2026, le milliardaire français fait partie des actionnaires de la nouvelle structure chargée de reprendre TikTok aux États-Unis, dans le cadre de sa vente forcée exigée par Washington.
Encore mieux : on apprenait dès septembre 2024 dans un article du Monde que Xavier Niel figurait également au conseil d’administration de ByteDance, le groupe chinois propriétaire de TikTok » !
Difficile d’ignorer la contradiction. TikTok est précisément l’une des plateformes les plus documentées sur les mécanismes d’addiction, en particulier chez les adolescents : défilement infini, algorithmes de recommandation ultra-agressifs, captation maximale de l’attention.
Mais pour les investisseurs, ces dérives ne sont pas des bugs — ce sont des atouts économiques.
Cette logique s’inscrit dans une trajectoire plus large. Xavier Niel incarne depuis vingt ans un capitalisme présenté comme « audacieux » dans les médias…
… tellement « audacieux » qu’il faut parfois illégal : poursuites judiciaires au début des années 2000, optimisation fiscale, exil partiel, réseaux d’influence assumés, etc.
La vraie question n’est donc pas morale, mais politique : peut-on sérieusement lutter contre l’addiction numérique quand ceux qui prétendent la dénoncer en tirent profit ?



