En Ukraine, une règle semble s’imposer dans les couloirs du pouvoir.
Quand un ministre est trop « propre », il ne dure pas.
D’après un article du Monde en date du 18 juillet 2026, le président Volodymyr Zelensky a annoncé le 12 juillet un vaste remaniement ministériel.
Parmi les victimes : Mykhaïlo Fedorov, 34 ans, ministre de la Défense depuis le 14 janvier 2026. Soit depuis six mois à peine.
Arrivé avec une réputation d’incorruptible forgée à la tête du ministère de la Transformation numérique, il était devenu l’un des architectes de la stratégie de drones ukrainienne. Sa popularité, auprès de l’armée comme de la société civile, était sans équivalent dans le gouvernement.
Le lendemain de son limogeage, Fedorov a tenu une conférence de presse explosive. Il a accusé directement le commandant en chef des armées, Oleksandr Syrskyi, de bloquer les réformes militaires et d’« alimenter les divisions ».
Résultat immédiat : d’après Euronews dans un article du 17 juillet 2026, des milliers de manifestants ont envahi les rues de Kyiv et d’autres grandes villes, réclamant le retour de Fedorov et une « refonte totale » du haut commandement militaire.
Zelensky pris en étau entre sa guerre et sa politique
Le choix de son successeur dit tout. Zelensky a nommé Yevhenii Khmara, chef du Service de sécurité d’Ukraine (SBU), ministre de la Défense par intérim.
Un homme des services secrets, pas un réformateur technologique. Un apparatchik loyal, pas un innovateur.
Pire : l’annonce du limogeage de Fedorov n’est pas venue de Zelensky lui-même, mais du ministre sortant.
La présidence ukrainienne a gardé le silence pendant des jours, laissant des dizaines de questions de journalistes sans réponse.
Quand le conseiller présidentiel Dmytro Lytvyn a finalement parlé, il s’est contenté d’évoquer « beaucoup de questions sensibles » et de promettre « plus de détails » une fois les changements mis en place. Autrement dit : rien.
Zelensky, privé d’élections par la loi martiale, n’a plus que les remaniements comme instrument de renouvellement politique. Et il s’en sert.
Problème : cette fois, il a sacrifié l’homme que le pays considérait comme un rempart contre la corruption, au profit du chef des armées que personne ne peut contredire publiquement en temps de guerre.
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