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Élections et abstention : un cercle vicieux

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Extrait de l’article Élections et abstention : un cercle vicieux d’Alexandre Langlois paru dans le Juste Mensuel n°2 (décembre 2021)

À notre époque, la bonne santé du pouvoir du peuple s’évalue par la faiblesse de l’abstention. Quand les Français sont appelés aux urnes, pour les municipales, le taux d’abstention approche les 58,6 % et il a atteint des sommets lors des élections départementales et régionales de 2021 avec un taux d’abstention de 66,7 %. Est-ce que les Français se désintéressent de la vie de la Cité au point de laisser LREM diriger la France du haut de ses 2,2 % de voix aux dernières municipales ? Le peuple a-t-il renoncé à son droit au partage du pouvoir politique ?

À priori non, car les exigences de « plus de démocratie » se multiplient, comme l’ont démontré les différentes manifestations demandant notamment le Référendum d’initiative citoyenne (RIC) :

« Le processus proposé est un dispositif de démocratie directe qui permet à des citoyens réunissant un nombre de signatures fixé par la loi de saisir la population par référendum sans que soit nécessaire l’accord du Parlement ou du président de la République. Les Gilets jaunes souhaitent quatre modalités pour le RIC : pour voter une proposition de loi (référendum législatif) ; pour abroger une loi votée par le Parlement ou un traité (référendum abrogatoire ou facultatif) ; pour modifier la Constitution (référendum constitutionnel) ; et pour révoquer un élu (référendum révocatoire). »

Pourtant, la réalité est bien différente…

Abstention et Covid-19 : causes et conséquences

Pour les élections municipales de 2020, le gouvernement français a instrumentalisé la crise sanitaire à des fins politiques. En effet une semaine avant le premier tour des élections, « le chef de l’État a assisté avec son épouse à une représentation de la nouvelle pièce des auteurs du Prénom pour inciter les Français à ne pas modifier leurs habitudes de sortie ». À ce moment-là, il n’y avait pas lieu de s’inquiéter ou de faire des procurations. 

Cependant, le 14 mars 2020, à la veille du premier tour, le Premier ministre Édouard Philippe annonce le passage au stade 3 de l’épidémie, mais que les élections sont maintenues. Cette déclaration effectuée au dernier moment empêche toutes les personnes tétanisées par la peur à cause de ce discours anxiogène d’établir des procurations, les délais étant prescrits. Résultat : un taux de participation de 44,66 % au soir du premier tour, soit 20 % de moins que la participation habituelle à ce scrutin. À Tourcoing, la ville du ministre Gérald Darmanin, le taux de participation est même de seulement 25,38 %, ce qui lui permet d’être élu dès le premier tour avec 60,89 % des votants. 

Malgré tout, La République en marche ne réussit à obtenir que 2,2 % des suffrages, même en repoussant le second tour de plusieurs mois. Peut-on parler de « manigances », la sincérité du scrutin ayant été faussée ?

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