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Pourquoi c’est Patrick Bruel qui gagne ?

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Patrick Bruel
Crédits photo : Shutterstock

Depuis des semaines, tout le monde est en boucle sur l’affaire Patrick Bruel.

32 plaintes déposées. Des témoignages accablants. Une procédure judiciaire en cours.

Pourtant, sur les réseaux sociaux et dans les médias, des milliers de fans se mobilisent.

Des pétitions pour qu’il continue de chanter. Des messages de soutien par dizaines de milliers.

Des milliers de gens refusent de considérer l’hypothèse que Patrick Bruel puisse être un salaud.

Face aux faits rapportés, cette réaction peut sembler dingue…

Pourtant, cette réaction est universelle.

Tout commence il y a 70 ans…

Leon festinger

En 1957, Leon Festinger, un psychologue américain, publie un livre qui va changer durablement la manière dont on comprend le comportement humain.

Son ouvrage : A Theory of Cognitive Dissonance.

Sa découverte : quand deux pensées contradictoires coexistent dans notre esprit, notre cerveau ressent une tension psychologique insupportable.

Festinger appelle ça la dissonance cognitive.

Pour résoudre cette tension, notre cerveau ne cherche pas la vérité.

Il cherche le soulagement.

Et pour y parvenir, notre cerveau dispose de trois stratégies systématiques : restons sur l’exemple de Patrick Bruel.

  1. Minimiser l’information gênante
    « Ce n’est pas si grave que ça » – « On ne sait pas tout » – « Ça reste à prouver »
  1. Attaquer la source
    « Ces femmes mentent » – « C’est une cabale » – « On veut le faire taire”
  1. Renforcer la croyance initiale
    « Il a quand même donné tellement de bonheur à des millions de personnes » – « Son talent est réel, lui. »

Ces trois stratégies ne sont pas de la mauvaise foi.

Ce sont des mécanismes biologiques.

Plus la preuve que vous avez tort est accablante, plus votre cerveau s’accroche à votre conviction initiale.

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Ce que les fans de Bruel défendent vraiment

Les fans de Patrick Bruel ne défendent pas un homme mis en examen pour viols présumés.

Ils défendent des décennies de souvenirs. Des concerts. Des émotions. Une bande-son de leur vie.

Admettre que Bruel est coupable, c’est admettre que leur jugement était faux depuis le début.

Que leur attachement était mal placé. Que les émotions qu’ils ont ressenties à ses concerts ne méritaient pas d’être ressenties.

Ça, le cerveau ne peut pas l’absorber sans douleur.

Alors il se défend. Ce n’est pas de la cruauté envers les victimes. C’est de la survie psychologique.

La nuance est importante. 

Nous sommes tous concernés !

J’ai une mauvaise nouvelle…

… vous vous en doutez, ce mécanisme ne concerne pas que les fans de Patrick Bruel !

Il concerne chacun d’entre nous. Tous les jours. Dans des situations bien plus ordinaires.

On a tous déjà pris une décision importante (professionnelle, personnelle, financière). 

Une décision qui s’est avérée mauvaise au fil du temps. 

Et plutôt que de le reconnaître franchement, on a insisté. On a persisté et on s’est enfoncé petit à petit.

C’est finalement assez simple : plus on s’engage dans une voie, plus le retournement coûte cher psychologiquement.

Et plus il coûte cher, plus notre cerveau travaille à tout faire pour l’éviter.

La vraie question n’est donc pas « suis-je capable de me tromper ?« 

Nous nous trompons tous. Tout le temps.

La petite leçon du jour

Se tromper n’est pas une honte.

C’est même la preuve que vous avez essayé quelque chose. Que vous avez fait confiance. Que vous avez osé vous engager.

Le problème n’est jamais dans l’erreur elle-même.

Il est dans le refus de la voir.

Festinger ne nous dit pas que nous sommes faibles. Il nous dit que nous sommes humains. Et que cette humanité-là est aussi ce qui nous permet de construire une identité stable, des relations durables, une vie qui a du sens.

Alors la prochaine fois que vous ressentez cette petite résistance intérieure, ne vous jugez pas.

Reconnaissez-la tranquillement, sans crainte.

Vous connaissez maintenant le nom de cette petite résistance qui vous pousse à persister : c’est la dissonance cognitive.

Et ensuite, posez-vous la seule question qui vaille : est-ce que je veux lui laisser le dernier mot ?

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1 Commentaire
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Pierre Aubineau
Pierre Aubineau
1 mois il y a

Au sujet de P. Bruel, je suis bien loin d’être un de ses fans. Ce qui m’étonne le plus c’est que des plaintes soient émises 10, 20 ou trente ans après.
Je me souviens seulement d’un fait qui me paraissait hallucinant : il avait fallut (il y a plus de trente ans je crois.) exfilter P. Bruel d’un café chic de st Germain des prés pour qu’il échappe à ses fans…Etonnant non ?