Dépakine : autopsie d’un déni d’État

Partager cet article :

Dépakine
Crédits photo : Shutterstock

C’est un nom qui ne cesse de déclencher la polémique : la Dépakine.

Longtemps présentée comme un simple fait divers médical du passé, cette affaire trouve un écho de plus en plus retentissant…

… sans jamais inquiéter ni le laboratoire Sanofi, fabricant du médicament, ni les autorités sanitaires pourtant complices des dégâts constatés année après année !

Comment un remède « miracle », censé protéger nos vies, a-t-il pu devenir l’instrument d’un massacre silencieux touchant des dizaines de milliers d’enfants ?

Entre expertises enterrées, lanceurs d’alerte calomniés et secrets de couloirs, la Dépakine est devenue le miroir déformant de nos crises actuelles. 

Alors que l’heure des procès s’ouvre enfin, une question demeure : l’État a-t-il failli par ignorance, ou par calcul financier ?

Plongez dans les coulisses d’une omerta qui n’en finit plus de surprendre !

1967 – 1980 : jackpot et naissance d’un futur scandale

En 1967, le paysage de la neurologie française est bouleversé par l’arrivée d’une molécule dont le nom va bientôt résonner dans tous les foyers : le valproate de sodium, commercialisé notamment sous le nom de Dépakine.

À l’époque, l’épilepsie est encore vécue comme une pathologie sociale stigmatisante, comme une « électricité cérébrale » que la médecine peine à dompter sans entraîner de lourds effets secondaires pour les patients.

C’est à ce moment-là que la jeune entreprise Sanofi, qui n’est encore qu’une « filiale du groupe pétrolier Elf Aquitaine », fusionne avec le groupe pharmaceutique belge Labaz.

Avec la Dépakine, le laboratoire nouvellement créé prétend pouvoir tenir la promesse du siècle : un contrôle quasi total des crises avec des effets secondaires jugés dérisoires.

Très vite, la Dépakine devient la poule aux œufs d’or du nouveau fleuron industriel français.

La molécule devient un standard intouchable dès lors qu’une personne présente des signes d’épilepsie.

Le médicament n’est plus seulement une option thérapeutique, il est une véritable institution au centre d’un immense scandale en devenir.

Car, en effet, la large prescription de ce médicament incluait, sans crainte aucune, les femmes enceintes… ou comment « pendant 40 ans des femmes enceintes ont empoisonné – sans le savoir – leurs enfants en suivant un traitement prescrit contre l’épilepsie » !

Découvrez notre enquête sur un scandale oublié de tous !

En 1982, des premières alertes sérieuses font surface, notamment par l’action du Dr Élisabeth Robert-Gnansia, spécialiste française des malformations congénitales [5].

C’est elle qui « découvre que la Dépakine entraîne des défauts de fermeture sur la colonne vertébrale », de quoi multiplier par trente le risque de « troubles du développement chez le fœtus ».

Dans la foulée, d’autres chercheurs et médecins abondent dans ce sens et établissent officiellement un lien statistique entre la prise de valproate de sodium par des femmes enceintes et des cas de spina bifida (le nom savant de cette malformation grave de la colonne vertébrale chez le fœtus).

Pourtant, rien n’y fait : le médicament continue d’être commercialisé sans aucune prévention spécifique !

L’information n’est pas absente, elle est confinée.

Vous voulez en savoir plus sur ce scandale ?

Découvrez notre enquête publiée dans le numéro 55 de Juste Mensuel !

Juste Mensuel – 55
Juste Mensuel numéro 55 Agrandir
Disponible en version numérique

Ce contenu est extrait du numéro 55 de Juste Mensuel

Accédez à 100% de cet article en vous abonnant à Juste Mensuel.

Couverture agrandie Cliquez en dehors pour fermer

Pour aller plus loin

France - Espagne : deux mouvements sociaux bien différents

23 octobre 2026

En Espagne, un mouvement social a un visage et une revendication claire. En France, le 17 octobre, qui sait qui manifestait, et pourquoi ?

Homme en costume bleu marine et cravate à pois parlant dans un micro sur une scène éclairée de bleu

AP-HP : la propagande ratée de Gabriel Attal !

23 octobre 2026

Refusé avec ses caméras à l'AP-HP, Gabriel Attal se rabat sur la Maison des femmes de Saint-Denis : récit d'un plan de communication raté.

Homme souriant portant des lunettes noires et une chemise bleue à rayures, devant le fond bleu des Rencontres économiques

WiFi et « prise illégale d'intérêts » : nouveau scandale pour Édouard Philippe ?

23 octobre 2026

Un WiFi de tram à 2 millions d'euros, jamais correctement connecté, fait l'objet d'une enquête au Havre : seconde affaire pour Édouard Philippe ?

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire