Le mot « complotiste » a pris, en une décennie, une fonction très précise : il n’ouvre pas un débat, il le referme.
Dès qu’il tombe, l’argument disparaît derrière l’étiquette, et celui qui la reçoit n’a plus à être écouté.
Orwell avait décrit ce mécanisme dans 1984, à travers le personnage de Syme, fonctionnaire chargé d’élaborer le novlangue.
Son objectif avoué : « restreindre les limites de la pensée« .
Quand un seul mot suffit à couvrir tout un champ de questions, la question elle-même devient impossible à formuler.
C’est ce renversement que Frédéric Lordon analysait dans Le Monde diplomatique en octobre 2017, sous un titre qui dit tout : Le complotisme de l’anticomplotisme.
Sa thèse est brutale.
Les hommes de pouvoir vivent objectivement dans un monde de manœuvres, d’alliances à nouer et de coups à anticiper ; chez eux, la paranoïa n’est pas une pathologie mais une compétence professionnelle.
Leur dénonciation obsessionnelle du complotisme serait donc, pour une large part, « la mauvaise conscience complotiste des dominants projectivement prêtée aux dominés« .
Douter sans conclure, relier sans réduire
Sortir de cette impasse ne consiste pas à choisir un camp.
Lordon lui-même désigne deux écueils strictement symétriques : voir des complots partout, ou n’en voir nulle part, comme si l’histoire n’avait jamais connu d’entreprises concertées et dissimulées.
Julian Assange formulait la même idée autrement : il s’étonnait qu’on se passionne pour de faux complots quand « il en existe tant de vrais« .
La règle qui en découle est exigeante mais simple : douter est légitime, conclure trop vite ne l’est pas. Et une idée ne devient pas fausse parce qu’un camp qu’on méprise la défend.
Reste un second outil, moins connu : la reliance.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur La Boîte Noire.
La Boîte Noire : soutenir l’indépendance pour penser librement
Face au rouleau compresseur médiatique qui passe d’un scandale à l’autre pour vous empêcher de réfléchir, il est temps de reprendre le contrôle de l’information.
Depuis près de trois ans, l’équipe Juste Milieu épluche des dizaines de livres et de documents pour vous offrir un espace de réflexion apaisé, loin du règne de la peur et de l’info en continu.
En soutenant Juste Milieu, vous accédez à notre nouvelle plateforme 100 % indépendante : La Boîte Noire.
En nous rejoignant, vous débloquez immédiatement :
✅ Plus de 120 vidéos et podcasts
✅ Plus de 50 heures de contenus exclusifs,
✅ Vos vidéos YouTube sans pub et en avance.
Le tout rigoureusement classés par thématiques (politique, histoire, révélations…).
Soutenez une presse véritablement libre, fuyez les idées imposées et retrouvez enfin le goût de penser par vous-même !
En plus de ça vous avez 7 jours pour découvrir gratuitement la plateforme !
La Boîte Noire
L’intégrale de nos enquêtes, documentaires et archives — réunie en un seul endroit, à l’abri de la censure.
- Enquêtes interdites & documentaires exclusifs
- Tout en illimité, sans publicité
- Un nouveau contenu chaque semaine
offerts
intégral
7 jours gratuits, puis dès 9,90 €/mois — sans engagement, résiliable en 1 clic.





