L’Espagne change de stratégie économique.
Direction la privatisation ?
Selon un article des Échos du 18 février 2026, Madrid veut se doter d’un fonds souverain de près de 120 milliards d’euros pour prendre le relais du plan de relance européen.
Objectif : soutenir les entreprises stratégiques et attirer des investissements dans des secteurs jugés clés.
Ce nouveau dispositif intervient alors que les financements européens issus du plan NextGenerationEU arrivent progressivement à échéance.
Le gouvernement espagnol entend éviter un « trou d’air » budgétaire en mobilisant un instrument national capable d’investir directement dans l’économie productive.
Le fonds devra intervenir dans des secteurs comme l’énergie, les infrastructures ou les technologies. Il s’agirait d’un outil de participation publique, inspiré de modèles existants en Europe, destiné à stabiliser ou renforcer des entreprises stratégiques.
Intervention de l’État… ou recomposition du capital ?
Le montant colossal du plan interpelle bon nombre d’observateurs.
Pour ses promoteurs, il s’agit d’un levier d’investissement permettant à l’État espagnol de peser davantage dans des secteurs sensibles. Pour ses critiques, le mécanisme pourrait faciliter des recompositions capitalistiques à grande échelle, notamment via des prises de participation ou des restructurations.
L’article des Échos souligne aussi que ce fonds vise à consolider des groupes nationaux dans un contexte de concurrence internationale accrue. Il ne s’agit donc pas d’un retrait de l’État, mais au contraire d’un outil d’intervention renforcée.
Reste une question centrale : ce fonds permettra-t-il de protéger l’appareil productif espagnol ou alors ouvrira-t-il la voie à des réorganisations profondes du capital national ?
Le débat est lancé !



