Le mouvement est discret, mais constant.
En Cisjordanie, le gouvernement israélien multiplie les mesures administratives et juridiques qui renforcent son contrôle sur le territoire, sans proclamation officielle d’annexion.
Selon un article des Échos du 10 février 2026, ces décisions traduisent une stratégie assumée : avancer sans le dire, modifier les faits sur le terrain sans déclencher de rupture diplomatique frontale.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a récemment affirmé vouloir « tuer l’idée d’un État palestinien ».
Dans les faits, le cabinet de Benyamin Netanyahou a adopté une série de mesures facilitant l’acquisition de terres par des colons israéliens en Cisjordanie, où vivent environ un demi-million d’Israéliens parmi plus de trois millions de Palestiniens. Des prérogatives auparavant exercées par l’Autorité palestinienne sur une partie du territoire auraient été retirées, notamment en matière foncière, selon le quotidien économique.
Ces décisions interviennent alors que le gouvernement israélien évite toute annonce d’annexion formelle, option que les États-Unis ont récemment dit ne pas soutenir officiellement.
L’objectif semble être une annexion progressive, par accumulation de réformes techniques et juridiques.
Ni vu, ni connu.
Colonisation légalisée, réaction internationale limitée
Parmi les mesures d’invasion progressive, figure la facilitation de l’enregistrement foncier et la légalisation rétroactive de colonies dites « sauvages », établies sans autorisation officielle.
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, partisan déclaré de l’annexion, s’est félicité de dispositions permettant aux Israéliens d’acheter des terres en « Judée-Samarie », terme biblique utilisé par la droite nationaliste.
L’Autorité palestinienne a dénoncé ces mesures comme illégales et appelé à une intervention internationale, tandis que le Hamas a évoqué une « escalade ».
Malgré ces alertes, les réactions diplomatiques restent mesurées.
L’annexion avance sans déclaration solennelle, dans un relatif silence international, confirmant une dynamique de fait accompli plus qu’un basculement officiel.



