Emmanuel Macron a tranché.
L’actuelle ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, doit être nommée à la tête de la Cour des comptes pour remplacer Pierre Moscovici.
L’information a été confirmée par une source de l’exécutif à l’AFP et reprise par plusieurs médias, dont Libération dans un article du 9 février 2026. La décision doit être officiellement entérinée lors du Conseil des ministres prévu ce mercredi 11 février.
Cette nomination intervient à un moment clé.
Amélie de Montchalin sort d’un long marathon parlementaire consacré à l’adoption du budget pour 2026, texte central de la fin du quinquennat. Elle succéderait à Pierre Moscovici, ancien ministre socialiste, qui dirigeait l’institution depuis 2020.
Avec cette désignation, Amélie de Montchalin deviendrait la première femme à présider la Cour des comptes.
Sur le papier, le parcours est cohérent. Ministre chargée du budget et des finances publiques, elle connaît les rouages de l’État et les équilibres budgétaires.
Mais le symbole interroge : la Cour des comptes est censée incarner le contrôle indépendant de l’action publique. Or, la nomination directe d’une ministre en exercice, issue du cœur de l’exécutif, alimente les critiques sur la porosité entre pouvoir politique et institutions de contrôle…
Une indépendance sous surveillance
La procédure est pourtant tout à fait légale.
Le président de la République nomme le premier président de la Cour des comptes.
Mais le choix politique n’est jamais neutre. En plaçant une proche de l’exécutif à la tête d’une institution chargée d’évaluer l’usage de l’argent public, Emmanuel Macron renforce l’idée d’un contrôle institutionnel étroitement intégré au pouvoir en place.
Reste à savoir comment Amélie de Montchalin exercera cette fonction.
La Cour des comptes conserve des garanties statutaires fortes, et ses rapports ont régulièrement mis en cause des politiques gouvernementales, y compris sous ce quinquennat.
Plus original : la « Cour » est censée auditer les budgets pour les années à venir…
… dont le budget 2026 imaginé et défendu par Amélie de Montchalin elle-même !
Encore un mélange des genres dont la Macronie a l’habitude.



