L’affaire Epstein n’est plus une découverte.
Ni un choc. Ni même une surprise.
Les faits sont connus depuis longtemps. Jeffrey Epstein a mis en place un système d’exploitation sexuelle impliquant des mineures, tout ça dans une logique de chantage avéré vis-à-vis de puissants du monde entier.
Tout au long de son parcours criminel, il a bénéficié de protections judiciaires et politiques documentées. Il est mort en prison en 2019, officiellement par suicide. Depuis, des documents judiciaires et enquêtes journalistiques confirment l’ampleur de ses réseaux, sans provoquer de rupture majeure.
Alors pourquoi ces “révélations” successives ? Pourquoi maintenant ? Et surtout : qu’est-ce qui va vraiment bouger ?
Rien, ou presque.
Chaque camp politique compte les points. Pro-Trump, anti-Trump. Chacun instrumentalise.
Mais au-dessus de cette mêlée, une réalité demeure : une classe dominante globale, transversale, largement épargnée.
Toutes les enquêtes publiées autour de cette affaire montrent une constante : peu de poursuites, peu de conséquences, beaucoup de bruit.
Le scandale existe. L’effet politique, lui, reste contenu.
Sidération organisée et résignation collective
Plus les faits s’accumulent, plus ils deviennent “normaux”.
Cette banalisation produit une sidération durable. Elle paralyse. Elle épuise. Le psychologue Martin Seligman parlait d’« impuissance acquise » : un état de résignation face à des événements perçus comme incontrôlables.
Le danger n’est pas le complotisme. C’est l’habituation.
Croire que “tout a été révélé”. Croire que “ça ne sert à rien”. S’habituer à l’idée qu’une élite puisse tout se permettre sans jamais tomber.
L’affaire Epstein ne révèle pas seulement des crimes. Elle expose les limites structurelles de nos démocraties face aux élites transnationales, pour certaines largement corrompues et criminelles.
Et peut-être leur victoire la plus inquiétante :
continuer à dominer, même quand tout est su. Ce qu’il nous reste ?
La force de continuer à dénoncer, pousser la Justice à faire son travail une bonne fois pour toutes en mémoire de toutes les victimes de ces crimes encore hier appelés « complotisme ».



