Bruxelles voulait relancer l’industrie européenne. Elle a peut-être trouvé mieux : un label “Made in Europe” sans production européenne !
Selon un article de Marianne publié dans l’édition du 29 janvier 2026, la Commission européenne envisage un futur label industriel qui n’imposerait aucun seuil minimal de fabrication dans l’UE.
En clair : un produit pourrait être estampillé “Made in Europe” tout en étant fabriqué en Inde, au Canada, au Japon ou l’un des 80 pays partenaires de l’UE !
L’objectif officiel ? Rendre le label “économiquement viable” et éviter toute accusation de protectionnisme.
L’effet réel ? Vider la notion d’origine européenne de sa substance.
Quand le label devient un slogan marketing
Derrière ce projet, une logique assumée : ne plus fonder la compétitivité sur le prix le plus bas, mais sur des critères flous — proximité géographique, normes sociales, environnementales… sans obligation juridique claire.
Résultat : un “Made in UE” extensible, compatible avec la délocalisation, tant que la valeur ajoutée finale reste “européenne” sur le papier.
La Direction générale du commerce à Bruxelles évoque même un modèle où les industriels européens pourraient continuer à produire massivement hors UE, tout en profitant du label pour séduire les consommateurs.
Pour les critiques évoquées par Marianne, ce projet illustre une contradiction devenue classique : parler de souveraineté industrielle tout en acceptant la dépendance productive.
Un consommateur français pourrait ainsi acheter un produit “Made in Europe” fabriqué à 8 500 km, avec un salaire local jusqu’à 18 fois inférieur à celui pratiqué en France. Le label, censé rassurer, risque surtout de devenir un outil de communication, plus qu’un levier de relocalisation.



