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Et si on essayait le capitalisme ?

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Crédits photo : Shutterstock

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La France un pays “ultra-capitaliste” ?

Pas une semaine ne passe sans qu’un article ne sorte pour proposer une “troisième voie”, pour réformer le capitalisme ou le remplacer par un autre système.

Mais peut-être que c’est là se tromper de combat… 

… parce que je crois que la France n’est pas vraiment un pays capitaliste ! 

J’ai conscience que cette idée est surprenante.

Car la France ressemble bien à un pays capitaliste. En apparence, on y respecte la propriété privée, la liberté d’entreprendre et la libre concurrence.

Mais les apparences sont parfois trompeuses.

Car dès que l’on creuse un peu, les choses se compliquent.

Tout d’abord, l’État contrôle 60 % de l’économie française. C’est-à-dire que sur 100 euros de richesses produites, 60 le sont par des administrations de l’État.

Ce n’est certes pas tout à fait le communisme (où l’État contrôle 100 % de l’économie)… 

Mais on est loin d’être un pays “ultra-capitaliste” (où l’État ne s’occuperait que de la police et de l’armée) !

Ainsi lorsque l’on m’explique que nous souffrons de nombreux maux causés par le capitalisme :

– montée des inégalités ; 

– destruction de l’environnement ;

– chômage ;  

– délocalisations…

Je ne peux m’empêcher de me demander si le capitalisme n’est pas un bouc-émissaire bien pratique qui nous épargne la peine de s’interroger sur la part de responsabilité de… l’État.

Un gouvernement qui choisit les gagnants

Surtout, si je crois que si la France n’est pas vraiment un pays capitaliste, c’est parce qu’elle ne respecte pas la libre concurrence.

Dans une société capitaliste, l’État intervient le moins possible pour que la concurrence sélectionne les entreprises les plus performantes.

Les entreprises dont les produits sont appréciés des consommateurs survivent. Celles qui ne produisent rien d’utile disparaissent.

Mais en France, l’État intervient en permanence, en favorisant par ses lois et des subventions certaines (grosses) entreprises… 

Ce qui s’est passé au début des années 2000 l’illustre très bien.

Après un accident dans un ascenseur, la France et l’Europe décident d’imposer de nouvelles réglementations.

Les quatres géants du secteur (Otis, Schindler Koné et ThyssenKrupp) décident d’activer leurs réseaux pour faire changer la loi. 

Grâce à ce travail de lobbying, ils ont obtenu une réglementation taillée sur-mesure pour écarter de la concurrence leurs concurrents de petite taille !

La loi ainsi modifiéeprévoyait des détails impossibles à respecter pour les petits acteurs, comme une distance maximale de 2 cm entre la cabine et le palier.

Protégés de la concurrence par la loi, les quatre géants ont engrangé des profits considérables.

Pendant ce temps, les petites entreprises n’ont pas profité de ce nouvel environnement… 

Un système fiscal complexe et injuste

En matière fiscale aussi, l’action du gouvernement fausse la concurrence.

En Europe, l’exemple le plus parlant est celui d’Apple et de l’Irlande.

Afin d’attirer la multinationale américaine, l’Irlande lui a accordé des avantages fiscaux indus de 13 milliards d’euros

Pendant ce temps, les petites entreprises continuent de payer leurs impôts comme tout le monde…

En France, le problème est que notre système fiscal est si complexe qu’il favorise les plus grandes entreprises.

Perdues face à ce système obscur, les plus petites entreprises essayent de ne pas faire une erreur qui leur coûterait un redressement fiscal…

… pendant que les grosses entreprises engagent des avocats fiscalistes pour profiter de cette complexité pour en payer le moins possible. 

Le pire des deux mondes

Vous l’aurez compris, sous bien des aspects les dés sont pipés et la concurrence est déloyale.

Nous vivons dans une forme nuisible de capitalisme où les règles ne sont pas les mêmes pour tous. 

Ces petites ententes entre grands patrons et dirigeants politiques forment ce qu’on appelle le “capitalisme de connivence”.

C’est un cocktail au goût amer entre le pire du capitalisme et le pire du communisme.

Mais le plus grave, c’est que les grandes entreprises n’ont souvent même pas besoin de faire le moindre effort pour être protégées par les gouvernements.

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Un pays qui coule sous les réglementations

Car pourquoi dépenser des millions d’euros en lobbying quand vous pouvez vous contenter de laisser le gouvernement submerger vos concurrents de normes ?

Chaque année 70 000 pages de réglementations sont publiées en France ! Et à ce tsunami législatif, il faut ajouter toutes les lois européennes…

Les grosses entreprises peuvent se permettre d’embaucher des armées de juristes pour adapter leur fonctionnement.

Mais pour les plus petites entreprises, cette inflation législative est une attaque mortelle !

De nombreux entrepreneurs jettent ainsi l’éponge, submergés par une tonne de réglementation impossible à suivre.

Ecoutez par exemple ce que ce boulanger nous raconte de son quotidien :

Une entreprise de moins de 5 salariés doit remplir chaque année un minimum de 210 pages pour établir 38 déclarations pour au moins 8 organismes (Trésor Public, URSSAF, ASSEDIC…).

Ces obligations administratives passent à 300 pages et 73 déclarations pour les entreprises qui emploient plus de 11 salariés. (…)

Non à l’overdose de réglementations !

Même en matière de financement, le combat ne se fait pas non plus à armes égales.

D’un côté les gros groupes cotés en bourse profitent de l’argent magique que fait pleuvoir la BCE… Mais j’y reviendrai dans un de mes prochains messages.

De l’autre, les petites entreprises doivent s’adresser aux banques qui sont réticentes à prêter à cause de la réglementation. 

Résultat, les petits sont condamnés à rester petits quand les grands sont assurés de rester nantis.

Comment s’étonner que les gens vivent cette situation comme une injustice

Qu’ils aient la sensation que tout est fait pour que certains soient toujours gagnants et que l’ascenseur social soit en panne ?

Pour toutes ces raisons, je crois que le problème n’est pas tant le capitalisme que le fait que les règles ne soient pas les mêmes pour tous, que la concurrence soit faussée.

Qui est Elie Bauer ?

Je m’appelle Elie Bauer.

Je viens d’une famille normale, pas particulièrement aisée. J’ai grandi avec l’idée que pour gagner l’indépendance financière il fallait beaucoup travailler et avoir un gros salaire. 

J’avais tout faux.

Quand j’ai démarré ma carrière en finance, j’ai réalisé que ceux qui avaient acquis cette indépendance financière n’étaient pas ceux qui se défonçaient le plus.

C’étaient ceux qui savaient comment et dans quoi investir. Ils semblaient profiter d’opportunités dont ils étaient les seuls à avoir connaissance. Ils bénéficiaient de conseils de proches qui leur donnaient les bons tuyaux et les aidaient à ne pas tomber dans les pièges.

Aujourd’hui alors que la crise économique se profile, que l’inflation devient galopante, je sais que des milliers de personnes seront ruinées. Des millions d’autres craindront de perdre le peu qu’ils possèdent. Je ne peux pas l’accepter.

C’est pourquoi je diffuse gratuitement dans ma Lettre Investissement & Stratégie tout ce j’ai appris sur l’investissement et l’indépendance financière.

Passionné par l’économie (j’ai une affection particulière pour l’école autrichienne, qui a inspiré les créateurs de cryptomonnaies) je vous écris aussi sur la façon dont les politiques économiques peuvent influer sur votre patrimoine et comment vous pouvez réagir à cela.

Je diffuse mes conseils gratuitement et je travaille en toute indépendance (je ne suis affilié à aucune institution financière).

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